Quels critères pour rendre l’eau potable ?
Indispensable à la vie, l’eau est le produit alimentaire le plus étroitement contrôlé en France. Mais comment s’assure-t-on de sa potabilité et surtout sur quels critères ? Réponses.
On ne badine pas avec l’eau. C’est pourquoi en France, l’eau doit ni plus ni moins répondre à 54 critères de qualité, définis par le Ministère de la Santé sur la base des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé pour être dite « potable ». Quels sont ces critères ? Quelles procédures de contrôle sont effectuées ?
Une eau potable est une eau que l’on peut boire sans risque pour la santé
Tout d’abord, deux types de substances sont définies : les pathogènes et les potentiellement indésirables. Suivant cette qualification et selon les normes en vigueur, une eau pour être qualifiée de potable ne doit contenir aucun germe qui présente un potentiel danger (bactéries, virus), ni organismes parasites. Pour les substances qualifiées d’indésirables ou de toxiques comme les nitrates ou les phosphates, des valeurs limites sont fixées selon un principe de précaution sur la base de la consommation quotidienne qui convient aux personnes les plus fragiles. Ces valeurs sont sujettes à révision régulière en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques.
Un dispositif de contrôles accru
Sur la base de ces 54 critères et suite au traitement de l’eau, des contrôles inopinés draconiens sont effectués à la fois par les Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) et les opérateurs des services d’eau et d’assainissement comme Lyonnaise des Eaux dont les prélèvements sont réalisés sur l’ensemble des installations de production et de distribution d’eau potable. Dans chaque usine, et en différents points du réseau de distribution, des prélèvements quotidiens sont effectués par les opérateurs puis analysés en laboratoire. Certaines installations de Lyonnaise des Eaux sont même équipées de capteurs qui analysent l’eau en continu et déclenchent automatiquement l’alerte en cas d’anomalie. En 2008, plus de 99% des analyses effectuées par les autorités sanitaires sur les eaux produites et distribuées par Lyonnaise des Eaux étaient conformes à la réglementation française, l’une des plus strictes au monde.
En ce qui concerne les micropolluants et les résidus médicamenteux souvent sous au centre de l’actualité, ils ne sont présents dans la ressource qu’à l’état de traces, à des doses extrêmement faibles, de l’ordre de quelques nanogrammes par litre. A travers des initiatives comme les « zones libellule » de Lyonnaise des Eaux ou des programmes de recherche tels que le programme Ampères en partenariat avec le Cemagref, SUEZ ENVIRONNEMENT travaille activement à l’amélioration des connaissances et des performances en matière de lutte contre ces micropolluants.
La potabilité passe par la lutte contre les nitrates
La lutte contre la pollution aux nitrates des réserves d’eau douce est également au coeur des préoccupations. La moitié des réserves d’eau douce du monde est polluée et ce problème concerne tout autant les pays développés que les pays en voie de développement. L’essentiel de cette pollution est d’origine agricole. Le traitement des eaux polluées (contenant plus de 50 mg/l de nitrates, seuil fixé par la directive européenne du 12 décembre 1991) représente un coût très important. Face à la dégradation des ressources en eau et pour éviter un surcroît de dépenses liées à son traitement, il existe une solution : la géofiltration. Ce procédé écologique consiste à utiliser les capacités épuratoires des sols pour améliorer la qualité des eaux brutes. En agissant directement au niveau de la ressource souterraine en eau, la géofiltration est une technique moins onéreuse et plus écologique qu’un traitement traditionnel à l’aide de réactifs chimiques.
Une eau potable et bonne à la fois
En outre, une eau potable pour être aussi une eau agréable à boire doit être claire, avoir une bonne odeur et un bon goût. Et pour avoir bon goût, il faut qu’elle contienne un minimum d’oligo-éléments et de sels minéraux dissous (de 0,1 à 0,5 gramme par litre), lesquels sont par ailleurs indispensables à l’organisme. C’est là qu’intervient le CIRSEE. Capitalisant sur plus de 20 ans d’expérience, les chercheurs du CIRSEE, principal centre d’expertise de SUEZ ENVIRONNEMENT, ont développé le service « Goûts et Odeurs de l’eau potable » à l’attention des exploitants du Groupe. Basé sur un savoir-faire unique, ce service permet la détection, la caractérisation et le traitement des composés qui génèrent les goûts et les odeurs de l’eau potable. En Ile-de-France (Presqu’Ile de Gennevilliers), par exemple, un observatoire du goût et un panel de 180 consommateurs, formés à la reconnaissance des goûts et des odeurs, a été mis en place afin d’améliorer la qualité gustative de l’eau.







