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En attendant Rio…

Article publié le 11.06.12

Youphil

Crédit photo : priscillajp / FlickR

Ce qui se jouera au Sommet de la Terre à Rio fin juin.


De notre correspondante Youphil à Rio

Fin mai, 183 pays (sur 193) ont confirmé leur présence à Rio+20, 135 ont demandé la parole et 100 chefs d’Etats feront le déplacement. Au rang des grands absents, la délégation du Parlement européen, contrariée par la cherté des hôtels à Rio et par la place donnée aux thématiques sociales, David Cameron, Premier ministre britannique en pleine préparation des JO et enfin Barack Obama qui n’a pas pris sa décision pour cause d’élection.

“Le document zéro de Rio+20 négocié en amont avait commencé avec 20 pages, raconte Andre Correa do Lago, négociateur en chef pour le Brésil. Après plusieurs tours de table, il en fait déjà 200. Le texte final signé par les Chefs d’Etat sera donc un résumé.”


Le futur que nous voulons

Pourquoi est-il si laborieux d’obtenir dans le détail un accord de tous les pays alors qu’il existe un consensus global sur la nécessité de changer de modèle de croissance et d’aborder sur d’autres bases les cent prochaines années ? Installez autour de la table 183 représentants asiatiques, africains, européens, nord et sud-américains, aux religions, cultures et économies multiples et vous comprendrez que choisir ensemble.

“Le futur que nous voulons” est avant tout une affaire de patience, d’humilité et de temps. Prenez la France et le Brésil. Les deux pays sont amis et convaincus de l’enjeu. Mais ils représentent deux blocs qui ne se comprennent pas et se crispent tour à tour: d’un côté les pays développés qui ont déjà accompli leur croissance, de l’autre les émergents qui sont en train de la faire.

 

Un espoir : mettre fin au capitalisme sauvage

Pour les premiers, l’environnement est une priorité qui a son histoire.“Jusqu’aux années 30, explique Andre Correa do Lago, ces pays ont vécu un capitalisme sauvage. Dans les années 50, le progrès social, la protection des travailleurs, le respect des droits ont été intégrés aux problématiques économiques. Puis dans les années 80, ils ont découvert que la nature avait un prix. Dans les pays en voie de développement, les trois étapes en revanche sont concomitantes. Il y est naturel de considérer l’économique, le social et l’environnement d’un seul tenant.”

Depuis Rio 92, les pays émergents insistent, Brésil en tête, pour que les notions d’éradication, de la pauvreté et d’inclusion sociale, déterminantes au Sud et bientôt d’actualité dans les pays du Nord, soient parties intégrantes du programme. Les succès du Brésil en la matière (40 millions de Brésiliens sortis de la misère pour intégrer la classe moyenne) lui donnent une certaine légitimité auprès de l’ONU pour en parler.

Logo Rio +20

Du fait de cette différence fondamentale de vision, l’évocation de la gouvernance globale fait grincer des dents. Si les Français et les Européens souhaitent une Organisation Mondiale de l’Environnement à l’image de l’OMC, les Brésiliens et nombre d’émergents trouvent que l’emballage importe peu. Et pour compliquer encore la donne, les Africains habituellement du côté d’un Brésil devenu “le plus Grand des Petits ” ont décidé sur ce sujet de s’aligner sur l’Europe.

Il est vrai que la seule instance de l’ONU en Afrique est le Programme des Nations Unions pour l’Environnement (PNUE) au Kenya et qu’une véritable agence onusienne donnerait au continent africain une place et un statut.

A propos des fameux Objectifs du Développement Durable qui devraient sortir de Rio+20, “il y aura une direction, des objectifs communs et des indicateurs pour évaluer le chemin parcouru, promet Isabela Teixeira, ministre brésilienne de l’Environnement. Mais pas de feuille de route.” “Act Global, Think local” : une même direction pour tous mais des chemins différents pour y arriver.

Car comme le rappelle Sergio Bresserman, chargé de Rio+20 pour la ville de Rio, “la planète n’a pas du tout besoin de nous et elle s’en sortira toujours. A son échelle, notre temps humain n’existe pas. C’est nous qui dépendons d’elle et à long terme, ce qui est en cause, c’est la survie de l’Homme.” Pas la survie d’un Américain ou d’un Ethiopien: de tous les hommes. Donc c’est bien tous ensemble, à 193, qu’il faut y aller.

 
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Rédaction Youphil : Kakie Roubaud
Crédit photo : priscillajp / FlickR

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Mis à jour le 11.06.12

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