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Les idées neuves sur l’eau

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Erik Orsenna : “Les schémas 100 % publics ou 100 % privés n’existent pas, tant la conjugaison des deux dimensions est une réalité quotidienne”

Article publié le 20.09.11

Conseiller d’état honoraire, économiste, écrivain et membre de l’Académie Française, Erik Orsenna a présidé une des sessions du forum des idées neuves sur l’eau. Il dresse le bilan de ces travaux qui ont pour but de réinventer concrètement le modèle de l’eau et d’élaborer des propositions.


Quels étaient les objectifs assignés au forum des Idées Neuves sur l’Eau ?
Erik Orsenna :
Il ne s’agissait pas de débattre pour débattre, mais bien de trouver ensemble des solutions à des questions telles que la rareté, la distribution et le prix de l’eau, la gestion des ressources, le partage des responsabilités, etc. Des sujets complexes, qui donnent lieu à beaucoup d’incompréhension et d’attitudes contradictoires, et sur lesquels il faut renouveler notre pensée.

A l’issue des débats, dix idées neuves sur l’eau ont été formulées. Lesquelles retenez-vous particulièrement ?
E. O. :
Ces dix idées neuves mettent en lumière les problématiques clés de l’eau et elles sont donc toutes intéressantes. Pour ma part, je suis attaché à l’idée selon laquelle le grand cycle de l’eau doit faire l’objet d’une attention nouvelle. La nécessité de protéger la ressource est évidente, mais il faut trouver de nouveaux moyens de financement. Compte tenu des enjeux financiers et du poids des investissements, cette charge ne peut pas reposer essentiellement sur le consommateur d’eau potable. Une nouvelle répartition doit donc être inventée, y compris en faisant entrer dans le circuit du financement de nouveaux acteurs, perturbateurs ou bénéficiaires du cycle de l’eau. Je pense également que le mode de tarification de l’eau doit s’adapter aux contraintes de la ressource locale, par exemple par une tarification progressive – permanente ou saisonnière – reposant sur le comptage individuel. Il faut en tout cas lier performance économique et environnementale, et inciter l’ensemble des acteurs à mieux protéger cette ressource.

Le forum a-t-il permis de clarifier le débat entre partisans de la régie publique et de la délégation de service public ?
E. O. :
Dans ce domaine, les positions idéologiques doivent s’effacer devant des critères d’évaluation et de comparaison des performances intégrant les contraintes locales et les efforts d’amélioration conduits par le passé. Les schémas 100 % publics ou 100 % privés n’existent pas, tant la conjugaison des deux dimensions est une réalité quotidienne, depuis la simple prestation de service jusqu’à la délégation pleine. La cristallisation idéologique est d’autant plus obsolète que l’addition des moyens, des expériences et des savoir-faire s’imposent pour relever le défi de la protection des masses d’eau.

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Mis à jour le 20.09.11

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