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L’assainissement des eaux usées : état des lieux et enjeux

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La lutte contre les micropolluants : un enjeu écologique majeur de l’assainissement

Article publié le 17.12.13

Lutte contre les micropolluants, assainissement
Selon le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, 21 % des rivières et 40 % des nappes souterraines sont en mauvais état chimique. La cause : ces molécules minérales ou organiques, issues de l’agriculture, de la chimie ou de l’industrie appelés « micropolluants » et qui peuvent avoir, au-delà d’un certain seuil, des impacts négatifs sur les écosystèmes et l’environnement. Pesticides, médicaments, hydrocarbures, métaux lourds, solvants et détergents sont autant de substances que l’on retrouve à très faible dose dans les rivières. Dans ce contexte, la lutte contre ces micropolluants, principaux perturbateurs des écosystèmes aquatiques, est aujourd’hui un enjeu majeur de l’assainissement. Découvrez comment cette lutte s’organise en amont, en aval et à l’intérieur même des stations d’épuration.

 

Des techniques de traitement éprouvées dans les stations d’épuration

Ozonation, lutte contre les micropolluants

À l’intérieur des stations d’épuration, l’ozonation et la filtration sur charbon actif figurent parmi les deux technologies les plus utilisées pour lutter contre les micropolluants. L’ozone est un gaz aux propriétés oxydantes remarquables. Grâce à cette caractéristique, le processus d’ozonation détruit ou rend inactifs les virus, les bactéries et les micropolluants, tels que les pesticides. Quant à la filtration sur charbon actif, les molécules se collent sur la surface du filtre.

À ce titre, la station d’épuration des Bouillides, inaugurée le 10 juin 2013 à Sophia Antipolis (France), est la première usine française équipée d’une véritable filière conçue pour éliminer les micropolluants des eaux usées. Le traitement des micropolluants en sortie de STEP répond dans ce cas à une problématique spécifique, la station d’épuration des Bouillides se trouvant en amont de l’usine de production d’eau potable d’Antibes.

 

En amont des stations d’épuration : préserver la ressource en eau

Les micropolluants arrivent dans le milieu naturel principalement par le biais des eaux résiduaires urbaines ou industrielles, de l’agriculture, de l’activité hospitalière, des transports et équipements, de rejets directs ou encore des retombées atmosphériques. Pour lutter efficacement contre les micropolluants, la meilleure solution est de réduire les rejets à la source. C’est la moins coûteuse mais encore faut-il réussir à faire changer les comportements. Il est aussi possible de créer des collectes spécifiques, ou des stations d’épuration locales. Il sera ainsi plus facile de traiter sur place les effluents d’une usine agroalimentaire plutôt que de les mélanger à ceux de la collectivité.

Travailler en amont avec le milieu agricole

En ce qui concerne les pollutions diffuses liées aux activités agricoles, Lyonnaise des Eaux et TERRENA, première coopérative agricole française ont créé, en mai 2011, ONOVA, la première société exclusivement dédiée aux besoins et aux problématiques d’eau et d’environnement des agriculteurs. Elle propose notamment des services en matière de protection des ressources par des techniques de captage,  de sécurisation de la ressource en rechargeant les nappes avec de l’eau d’hiver ou encore de création de zones humides.

 


Pour une agriculture respectueuse de l’eau – Alain Guillemin, Terrena

 

Optimiser la gestion des eaux pluviales

Ramses, gestion des eaux pluviales

La lutte contre les micropolluants passe également par l’optimisation de la gestion des eaux pluviales. Les eaux de pluie sont majoritairement recueillies dans les réseaux d’assainissement mais des précipitations importantes peuvent se traduire par des inondations. Ces eaux, chargées d’impuretés au contact de l’air, des toits et des chaussées (gaz d’échappement, huiles de vidange, métaux lourds, etc.), sont alors rejetées dans les milieux naturels sans avoir subi de traitement préalable. Résultat : les scientifiques estiment que les chutes de pluie sont responsables de 50% de la pollution déversée dans les rivières et sur les plages en zone urbaine.

Les collectivités doivent donc anticiper et mesurer l’impact des épisodes pluvieux mais aussi prévenir des inondations. La Communauté urbaine de Bordeaux a ainsi mis en place avec l’aide de Lyonnaise des Eaux, la solution de télécontrôle RAMSES, qui prévient efficacement contre les risques d’inondations par ruissellement sur une zone géographique particulièrement sensible.

Utiliser les capacités épuratoires de la nature

Enfin, à côté de ces procédés technologiques, il est également possible de lutter contre les micropolluants en tirant parti des capacités épuratoires du milieu naturel, et en accompagnant la ressource en eau, via des procédés de réalimentation des nappes phréatiques. À ce titre, Lyonnaise des Eaux a mis au point une technique innovante pour le Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Verneuil-Vernouillet (S.I.E.A.V.V.) en France : la réalimentation de la nappe phréatique, baptisée Géofiltration®, qui utilise les capacités naturelles d’épuration de l’étang du Gallardon.

Lyonnaise des Eaux a créé également une zone de « Liberté biologique et de lutte contre les polluants émergents » (Libellule) ayant pour but d’éliminer les micropolluants des eaux usées en aval de la station d’épuration avant leur rejet dans la nature. Constitué en 2009 dans la région Languedoc-Roussillon, cet espace humide et végétalisé abrite des plantes qui vont épurer les eaux rejetées par les stations d’épuration locales. Une telle initiative permet à la fois de lutter contre les micropolluants et de renforcer la biodiversité.

 


La zone libellule

 

En aval des stations d’épuration : surveiller les milieux et les rejets

Cannes, port de plaisance

En aval des stations d’épuration, la surveillance des milieux aquatiques représente un autre moyen efficace de prévenir les pollutions et les rejets dans les écosystèmes naturels. SUEZ ENVIRONNEMENT développe ainsi des modèles d’anticipation et de mesure destinés à préserver les milieux aquatiques. Certains outils permettent par exemple d’évaluer les changements de la qualité de l’eau. Ainsi, Actimar et SAFEGE ont mis en œuvre à Cannes le dispositif informatique Qualicôte. Ce système est capable de déterminer la qualité des eaux littorales sur une période de 48 heures et d’anticiper une éventuelle pollution des eaux marines par les eaux de pluie.

Dans le Languedoc Roussillon, le système SIRENE permet, quant à lui, d’enregistrer en continu grâce à des stations de mesure les paramètres de température, de salinité, d’oxygène et de turbidité de l’eau de l’étang de Thau doté d’une richesse biologique exceptionnelle. Un poste de supervision centralise toutes les données : leur suivi permet non seulement de connaître l’incidence des différents événements tels que les épisodes de pluie ou les échanges avec la mer sur les milieux et ainsi de préserver la biodiversité.

 

En savoir plus sur

La préservation de la ressource en eau (SUEZ ENVIRONNEMENT)

Lyonnaise des Eaux

ONOVA

SAFEGE

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Mis à jour le 17.12.13

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