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Réconcilions compétitivité et dérèglement climatique !

Article publié le 25.09.14

AP/Uncredited

© SUEZ ENVIRONNEMENT / Denis Félix 2014 All rights reserved

 

Tribune de Jean-Louis Chaussade, Directeur général de Suez Environnement

 

 

 

Le sommet sur le climat organisé par l’ONU le 23 septembre à New York marque l’ouverture d’une année décisive pour les négociations internationales sur le climat. Dans le 5ème rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la communauté scientifique internationale a alerté les décideurs politiques du monde entier sur l’urgence de contenir l’augmentation des températures moyennes de notre planète à 2°C d’ici la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels, afin d’éviter des conséquences désastreuses sur notre environnement naturel, et d’entraver de manière irréversible nos modes de vie. Cet appel nous concerne tous : citoyens, ONG et bien sûr entreprises. En conviant la société civile au sommet sur le climat, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon veut faire de la co-construction le nouveau fer de lance de la lutte contre les dérèglements climatiques.

 

Si un accord universel et juridiquement contraignant est indispensable pour fixer un cadre règlementaire à la réduction des gaz-à-effet de serre, les solutions concrètes pour mettre en œuvre ces politiques viendront des entreprises, j’en suis convaincu. Elles ont en effet d’ores et déjà pris toute la mesure de la réalité du réchauffement climatique et de ses conséquences : multiplication des catastrophes naturelles, augmentation en fréquence ou en intensité des épisodes climatiques extrêmes, dégradation des ressources naturelles, extension du nombre de régions soumises au stress hydrique (47% de la population mondiale concernée à l’horizon 2030, selon l’ONU). Face à ces événements extrêmes, les villes sont particulièrement vulnérables : elles concentrent une part croissante de la population mondiale et la majorité des actifs économiques, avec 4 000 milliards de dollars à risque d’ici 2030 selon le Carbon Disclosure Project.

 

Face à cet immense défi, les entreprises mettent en œuvre des solutions. Elles permettent d’atténuer les effets du dérèglement climatique en limitant les émissions de gaz-à-effet de serre mais aussi de s’adapter à ses conséquences. La révolution technologique est en marche, je le vois au quotidien dans les secteurs de l’eau et des déchets : nous redoublons d’efforts en matière de recherche & d’innovation pour assurer la robustesse des solutions d’économie circulaire à partir de la valorisation énergétique et matière des déchets, pour inventer les nouvelles technologies qui permettront d’assurer la disponibilité des ressources en eau, en qualité et quantité. Ces solutions sont au service de la ville de demain : une ville intelligente, une ville durable, une ville résiliente, une ville décarbonée. L’adaptation au changement climatique est au cœur de ce nouveau paysage : le développement des technologies du smart permet de maîtriser notre consommation de ressources naturelles et d’énergie, et d’anticiper l’expansion urbaine en tenant compte des risques climatiques. Certaines prouesses techniques récentes, notamment le dessalement de l’eau de mer et la gestion en temps réel des risques d’inondation attestent du niveau de maturité de l’industrie mondiale face au changement climatique.

 

Il est temps de déployer ces solutions à plus grande échelle. Ce sera l’un des enjeux du sommet du 23 septembre que d’en examiner les conditions. Certes, dans un contexte économique difficile, la tentation est grande de relayer au second plan la lutte contre le changement climatique. Dans certains pays du Sud et du Nord, l’adaptation est considérée comme un frein à la croissance. Mais est-il réellement opportun d’opposer le combat climatique aux impératifs économiques ? Ne faut-il pas plutôt les réconcilier au sein d’un nouveau modèle de croissance climato-responsable, capable de créer de l’emploi ? Ce nouveau modèle nécessite de revisiter certains fondamentaux de notre économie. Tel qu’il se dessine dans certains secteurs, il sera rémunéré sur la performance environnementale, financé par des investisseurs sensibilisés aux enjeux du climat, capable de donner un véritable signal prix aux consommateurs et reposant non plus sur un fonctionnement en silo mais sur d’efficaces synergies entre acteurs et secteurs industriels. Ce modèle climato-responsable ne pourra se mettre en place sans des signaux clairs de la part des pouvoirs publics.

 

C’est en effet le sens de l’initiative de la Banque Mondiale « Put a Price on Carbon » que Suez Environnement soutient. Les entreprises signataires de cette déclaration sont prêtes à partager leurs connaissances avec les gouvernements et à offrir leurs appuis aux initiatives nationales et régionales de tarification du carbone pour encourager l’émergence d’un prix du carbone à l’échelle mondiale. En effet, l’incertitude sur le prix du carbone à long terme est l’obstacle majeur à l’appropriation par les entreprises de la lutte contre le changement climatique. La chute du prix de la tonne de CO2 en Europe suite à la cannibalisation du marché des quotas par les incitations aux énergies renouvelables et par les règlementations en matière d’efficacité énergétique en est l’illustration parfaite. L’existence d’une règlementation carbone à l’échelle mondiale incitera les entreprises à investir dans des solutions technologiques et énergétiques innovantes et aidera la planète à retrouver le chemin de la soutenabilité.

 

Jean-Louis Chaussade

 

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Article initialement publié sur LeMonde.fr

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Mis à jour le 25.09.14

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