Il y a de l’énergie dans vos déchets !

L’usine de valorisation énergétique ReEnergy (Pays-Bas)
La valorisation énergétique participe au développement des énergies renouvelables en permettant la production d’électricité et de chaleur à partir des déchets. Tour d’horizon de ce processus à la fois économique, écologique et utile qui s’inscrit pleinement dans l’économie circulaire.
La valorisation énergétique consiste à transformer les déchets en électricité et/ou en chaleur. Elle est aujourd’hui la troisième source de production d’électricité alternative après l’hydraulique et l’éolien et la quatrième source de chaleur renouvelable après le bois, les biocarburants et les pompes à chaleur. Elle permet à la fois de réaliser des économies de combustibles de matières premières et de diminuer de 20% le prix du traitement des déchets urbains. « Aujourd’hui, les métiers des déchets s’orientent vers plus de valorisation et moins d’élimination » précise Christophe Cros, Directeur Général de SITA France. « Une tendance due à la pression cumulée de la raréfaction des ressources en matières premières, de la lutte contre le changement climatique et de la réglementation qui se durcit, suite à une prise de conscience environnementale des opinions publiques ».
Plusieurs processus permettent de valoriser les déchets sous forme d’énergie. L’incinération des déchets ménagers et industriels permet de produire de l’énergie grâce à la chaleur dégagée en brûlant les déchets. Brûlée dans des chaufferies, la biomasse (bois, matière végétale) produit également chaleur et électricité. Le stockage des déchets permet de générer du biogaz. La méthanisation, processus de dégradation naturelle de la matière biologique contenue dans les déchets, est également un moyen de produire de l’énergie à partir des déchets. En 2010, 65% de l’énergie produite à partir des déchets par SUEZ ENVIRONNEMENT au niveau mondial provenait des unités d’incinération contre 31% des centres de stockage des déchets et 4% des stations d’épuration.
Cette énergie ainsi récupérée a permis de produire :
• 1,6 million de Mwh d’électricité d’origine renouvelable
• 1 million de Mwh de chaleur d’origine renouvelable
La valorisation énergétique par incinération, source d’électricité et de chaleur
Quand elle est produite par l’incinération des déchets non recyclables, l’électricité et/ou la chaleur permet à des unités de traitement et de valorisation des déchets nouvelle génération de devenir énergétiquement autonomes et de revendre leur surplus au réseau électrique national.
Selon le baromètre Eurobserv’ER 2010 publié par l’Observatoire des Energies Renouvelables, le premier producteur européen d’électricité à partir de la combustion de déchets est l’Allemagne. Elle devance la France, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède. En ce qui concerne la production de chaleur à partir de la combustion de déchets, l’Allemagne tient également le haut du pavé devant la Suède, le Danemark, la France et les Pays-Bas.

Pour Christophe Cros, le leadership de l’Allemagne s’explique par la volonté du pays de « privilégier le recyclage et l’incinération ». Suivant cette voie, l’Angleterre entend à son tour développer la valorisation énergétique par incinération. Ainsi, SITA UK a recyclé et valorisé en 2010 plus de 1,6 million de tonnes de déchets, et construit actuellement une usine d’incinération dotée d’une capacité de traitement pouvant aller jusqu’à 256 000 tonnes de déchets par an. Elle produira une électricité permettant d’alimenter l’équivalent d’environ 30 000 foyers.
« Présentant un équilibre entre les différentes formes de traitement », la France figure, selon Christophe Cros, en bonne position dans ces classements. Sur les 48 unités d’incinération des déchets non dangereux gérées par SUEZ ENVIRONNEMENT dans l’Hexagone, 45 ont la faculté de produire de l’énergie et fournissent l’équivalent de l’électricité consommée par 2,8 millions d’habitants et le chauffage de 170 000 habitants.
Allant eux aussi vers davantage de valorisation énergétique par incinération, les Pays-Bas ont réalisé un pas décisif en ce sens avec la construction de l’usine de valorisation énergétique des déchets ReEnergy, inaugurée en octobre 2011 à Roosendaal. Parmi les plus modernes et innovantes d’Europe, cette usine affiche une capacité de traitement de 291 000 tonnes de déchets par an, soit la production de 1,9 million d’habitants par an et produira 256 000 MWh d’électricité, soit l’équivalent de la consommation électrique de 70 000 ménages.
En plus de cette production, ReEnergy fournit de la chaleur aux serres situées à proximité. Quant à la chaleur résiduelle dégagée par l’usine, elle sera utilisée pour le chauffage d’un écoquartier en construction exemplaire sur le plan de la performance environnementale.
La valorisation du biogaz : une autre façon de produire de l’énergie à partir des déchets
Sur les installations de stockage de déchets, c’est la récupération du biogaz issu de la fermentation des déchets organiques qui permet de produire électricité et chaleur. Collecté dans les installations de stockage et les stations d’épuration, ce biogaz contient de 40 à 60% de méthane, ce qui lui confère un important potentiel énergétique. A titre de comparaison, la production de 1000 mètres-cube par heure à des conditions dites « normales » de biogaz composé de 50% de méthane représente :
• 3 200 tep (tonnes équivalent pétrole)
• 216 000 bouteilles de gaz propane domestique de 13 kg
• 22 400 stères de bois
• 3,5 millions de litres de fioul domestique
• 2 300 logements collectifs au gaz alimentés en eau chaude et chauffage
Au niveau européen, l’Allemagne est le leader de la production d’électricité à partir du biogaz devant le Royaume-Uni qui a culturellement longtemps préféré le stockage. On retrouve ensuite l’Italie, les Pays Bas et la France. En ce qui concerne la production de chaleur à partir du biogaz, l’Allemagne maintient son leadership devant deux pays du nord de l’Europe, le Danemark et la Finlande. Viennent ensuite la Pologne et l’Italie.

En 2010, 91% des déchets stockés dans le monde par SUEZ ENVIRONNEMENT le sont dans des centres équipés d’un système de captage et de traitement du biogaz contre 85% en 2008. A titre d’exemple, en France, l’installation de stockage des déchets de Sonzay produit annuellement à partir du biogaz 20 000 Mwh d’électricité, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 8000 habitants.







