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Veja, le défi des baskets équitables

Article publié le 23.01.14

veja

 

François Ghislain Morillion et Sébastien Kopp

La marque de baskets équitables Veja a été fondée en 2005 par deux entrepreneurs français, François Ghislain Morillion et Sébastien Kopp. Elle a rencontré un succès immédiat avec 5 000 paires vendues dès la première saison. Après le lancement d’une collection enfants en 2008, de sacs et de petite maroquinerie en 2009, Veja a ouvert une boutique à Paris en 2011. Nommé avec ironie “Centre Commercial”, ce Well made store distribue des marques qui fabriquent “bien”. Depuis l’origine du projet, Veja a acheté 130 000 kg de coton bio-équitable, 80 000 kg de caoutchouc équitable (soit 60 000 000 m2 de forêt primaire préservée) et fabriqué plus de 500 000 paires de baskets.

 

Veja signifie “regarde” en portugais. Notre idée était de pousser les gens à regarder l’étiquette, à s’interroger sur les matières premières utilisées, sur les conditions de fabrication des produits. Nous voulions proposer une nouvelle manière d’agir liant entrepreneuriat, préservation de l’environnement et commerce équitable. C’est en 2004, au retour d’un tour du monde où nous avons audité des actions de développement durable menées sur le terrain par des entreprises du CAC 40, que nous est venue l’idée de Veja. En effet, pour nous, il y avait dans ces projets une grande distorsion entre la communication faite en matière de développement durable et la réalité.

Alors, avec Veja, nous avons voulu essayer de fabriquer “bien” en appliquant trois principes : privilégier les matériaux écologiques, utiliser du coton et du caoutchouc issus du commerce équitable et fabriquer les produits dans la dignité. Nous étions de grands collectionneurs de baskets alors le produit s’est imposé de lui-même. Tout comme le Brésil, où s’effectue la culture de nos matières premières et notre production. Nous utilisons du coton bio et du caoutchouc sauvage, cultivés respectivement par 300 et 60 familles organisées en coopératives et payées au juste prix. Le coton bio, produit selon les principes de l’agroécologie, est labellisé par l’IBD. La tannerie du cuir est effectuée quant à elle à l’extrait d’acacia, un tanin naturel non polluant, contrairement au chrome. Puis, nous sous-traitons l’assemblage des produits à des ateliers aux normes sociales et environnementales élevées, audités par FLO-cert. En France, nous avons confié la gestion de la logistique à Atelier Sans Frontières, une association d’insertion par le travail. Réception des produits, acheminement des commandes… 25 personnes sont concernées par notre activité.

Compte tenu de nos principes de fabrication, les coûts de production de nos baskets sont sept à huit fois plus élevés que ceux d’autres chaussures de ce type. Alors, afin de proposer un prix compétitif, nous travaillons sans pub et sans stock. Nous fonctionnons sur commandes, prises chaque saison. Il n’y a pas de réassort possible. Nos clients connaissent nos contraintes et les comprennent.

Les raisons du succès de nos baskets ? Leur conception durable et peut-être même davantage leur design. Nous avons dès le départ voulu nous inscrire dans la mode. Des personnalités médiatiques, comme l’actrice française Marion Cotillard ou l’un des pionniers de l’agriculture biologique, Pierre Rabhi, sans être sollicitées, se sont faites les ambassadeurs de notre projet.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les petits producteurs avec qui nous travaillons sont soumis aux aléas climatiques ou aux invasions d’insectes, qui peuvent réduire la quantité de matière première disponible et menacer la production. Nos baskets ne sont pas encore recyclables. Les empiècements de cuir et le caoutchouc rendent complexe cette étape, mais leur certification commerce équitable, par Max Havelaar, est en cours. Veja reste aujourd’hui un projet en devenir…

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Mis à jour le 23.01.14

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